Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

14 février 2023

Selon l’INSEE, des écarts de salaire de l’ordre de 16.8% en moyenne perdurent entre les hommes et les femmes (Ecart de rémunération moyen en 2017 en France, selon une étude de l’INSEE parue le 18/06/2020 : « Ecarts de rémunération femmes-hommes : surtout l’effet du temps de travail et de l’emploi occupé »). C’est dans ce contexte d’inégalité qu’est née l’écriture inclusive. Parfois appelée langage « neutre », langage épicène, ou encore « non sexiste », elle représente l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’écriture. Quels sont les grands principes de l’écriture inclusive et comment bien l’utiliser ? Réponses ici !

L’écriture inclusive : qu’est-ce que c’est ?

Selon le Manuel d’écriture inclusive (2016), l’écriture inclusive correspond à un ensemble d’attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes.

A travers l’écriture inclusive, il est possible de féminiser les mots en ajoutant, entre des points-milieu, une terminaison au féminin. Par exemple, dans le nom des métiers « agriculteur·rice·s », « artisan·e·s ». Mais cela ne s’arrête pas là. Elle prend également en compte les formules qui associent masculin et féminin : « le candidat ou la candidate », les mots épicènes (un mot qui n’est pas marqué au niveau du sexe) comme « la personne recherchée », « scientifique », “spécialiste”, “prestataire” ou encore les formules globales comme « l’équipe de recrutement ».

Pourquoi l’écriture inclusive ?

L’objectif est de mettre les deux sexes sur un pied d’égalité, en faisant en sorte que le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, afin d’éviter les biais de formulation qui peuvent conduire à des actes discriminatoires volontaires ou involontaires. C’est un style d’écriture favorisant la neutralité et visant à combattre les stéréotypes sexistes. De plus, l’écriture inclusive permet à tous de s’identifier, notamment dans le cas des offres d’emploi. L’écriture masculine pourrait par exemple générer une auto-exclusion ou une autocensure, « nous recherchons un directeur marketing », contrairement à l’écriture inclusive : « nous recherchons un.e directeur.rice marketing ».

Quels sont les grands principes de l’écriture inclusive ?

L’écriture inclusive est régie par un ensemble de « conventions » permettant de mener à bien une communication sans stéréotype de genre, à travers le choix des mots, de la grammaire ou encore de la syntaxe. Elle s’appuie sur trois principes, selon le Guide pratique du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

  • 1er principe : l’accord

Le premier principe est l’accord des métiers, des fonctions, des titres, des grades, en tenant compte du genre. Par exemple : « une autrice » ou « auteure », « une maire », « une charpentière ». En 2019, l’Académie française a affirmé la validité des noms de métiers et des fonctions au féminin.

  • 2ème principe : le pluriel

Le deuxième principe concerne l’utilisation du féminin et du masculin au pluriel. En effet, il est possible de procéder de trois manières différentes pour définir la marque du pluriel.  Premièrement, par ordre alphabétique. Par exemple : « Les candidates et les candidats », « l’équité entre les femmes et les hommes ». Le verbe s’accorde avec le sujet le plus proche ou le plus grand nombre. Par exemple : « les coiffeurs et les coiffeuses sont satisfaites » ou encore « les coiffeurs et la coiffeuse sont satisfaits ». Deuxièmement, en employant des mots épicènes (des mots qui désignent autant les femmes que les hommes). Par exemple : « acrobate », « artiste », « secrétaire », … Ou encore en utilisant un point médian, également appelé point milieu, afin d’inclure les deux sexes. Par exemple : « commerçant·e·s », « citoyen·ne·s ». On peut également utiliser les parenthèses. Par exemple : « lecteur(rice)s ». Aussi, il est possible d’employer les tirets, les barres obliques.

  • 3ème principe : les termes universels

Enfin, le troisième principe consiste à ne pas mettre de majuscule au mot « Homme » pour désigner l’ensemble du genre humain. Il s’agit de privilégier des termes universels dès que c’est possible, plutôt que « homme » et « femme ». Par exemple : « les droits humains » à la place des « droits de l’Homme », « personnes », « membres », « corps enseignant ».

De l’intérêt d’adopter l’écriture inclusive en entreprise

De nombreuses entreprises ont adopté l’écriture inclusive pour favoriser l’égalité en leur sein et dans leurs recrutements. Elles peuvent pour ce faire s’appuyer sur des formations dédiées, pour apprendre à mettre en place une communication non stéréotypée. Une démarche qui s’intègre dans la politique RSE déployée en sensibilisant les salariés aux discriminations liées au genre.

L’écriture inclusive est une solution pour répondre aux enjeux de féminisation des salariés, mais ce n’est pas tout. Son utilisation renvoie par ailleurs une image forte en matière d’égalité femmes-hommes dans l’entreprise et met en avant une prise de position sur ce sujet central. Un atout notamment pour attirer les talents sensibles aux questions d’engagement sociétal. 

L’écriture inclusive, si elle est parfois source de débat, est un moyen efficace pour limiter les inégalités entre les sexes. De plus, elle ouvre plus d’opportunités aux entreprises pour trouver le/la candidat.e idéal.e, en permettant aux femmes de s’identifier aux offres d’emploi tout autant que les hommes. Par ailleurs, le Déclicheur A Compétence Egale propose de mieux comprendre les stéréotypes notamment concernant les questions de sexe, grâce à des Tests d’Association Implicite, des jeux et du contenu pédagogique.

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